lundi, janvier 29, 2007

Pour lui

Madame le Maire sanctionne le personnel municipal pour insubordination politique. Elle a constitué autour d’elle une petite mafia de protecteurs et de profiteurs.
Ce spectacle lamentable, me fait penser à la dignité de Pierre de Brossard employé municipal. Il avait la bonté infinie qui jaillissait de sa formidable force physique qu’il mettait au service des faibles.
Il aidait tout le monde. Il aimait tout le monde. Il respectait la police, à la condition que les policiers respectent l’honnête citoyen qu’il était.
Il avait été gaulliste de la première heure.
Un jour il eut un incident, avec un gringalet de gardien de la paix agressif.
Il se retrouva devant le tribunal correctionnel, alors qu’il avait raison.
Pour lui, j’ai revêtu ma robe froissée d’avocat à la cour de Paris, et je suis venu à ses côtés à la barre du tribunal.
Dans son réquisitoire, d’ailleurs modéré, le procureur de la République avait fait valoir que le gardien de la paix plaignant réussissait dans ses études de second cycle.
Ce propos me fit penser au texte d’Anatole France Crainquebille. Un pauvre marchant ambulant avait traité un policier de mort aux vaches. On le mit en prison. À sa sortie il était désespéré, il avait perdu sa clientèle, il se dit qu’il valait mieux revenir en prison, mais comment y parvenir ? Il aperçu trois policiers. Il leur cria mort aux vaches. Les policiers lui conseillèrent avec le sourire de passer son chemin.
J’en conclus que suivant la susceptibilité du policier un incident avec un particulier peut tourner mal ou se réduire à rien.
Dans ma plaidoirie je fis l’éloge de la police, j’ajoutai cependant que le plaignant n’avait pas le droit de manifester, à l'encontre de l'employé municipal une susceptibilité de deuxième cycle.
Debrossard ne fut pas condamné. J’avais défendu en me jetant dans la bataille, un employé municipal.
Aujourd’hui Pierre de Brossard a quitté Puteaux pour Bordeaux. Il m’écrit très fréquemment. Une seule question revient dans ses lettres. Avez-vous besoin de moi?
Si demain un employé municipal devait être mal traité par une autorité quelque soit son grade, je rechercherai ma vieille robe enfouie dans ma vieille armoire.
Charles Ceccaldi-Raynaud

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