mardi, juillet 18, 2006




Le cercle humaniste est mort.
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Depuis un passé déjà lointain, une céremonie en hommage à Jean Jaurés a toujours eu lieu, le jour anniversaire de sa mort, d'un coup de feu, alors qu'il dînait au café du croissant à Paris.
A Puteaux cette céremonie fut organisée pendant longtemps, par la section SFIO d'autre fois.
Quand je suis devenu Maire de Puteaux, j'ai voulu respecter l'héritage. A cette fin , j'ai municipalisé cette céremonie, pour lui enlever tout caractère politicien.
Pas d'allocution. Lecture des plus belles phrases du discours à la jeunesse prononcé par Jaurés au lycée d'Albi.
Cette année, le cercle humaniste était absent. Le club humaniste avait déposé une gerbe de fleurs.
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La solidité du souvenir de Jaurés, ne tient pas à son appartenance politique.
Son souvenir demeure toujours aussi puissant. Pour se qui me concerne, je me suis interrogé comme chacun.
Sous des réserves non négligeables de ma part, sa philosophie humaniste m'a fait mesurer la force de sa pensée toujours actuelle.
Son éloquence m'a toujours impressioné: enchainement rigoureux de son argumentation, élégance de son langage, éclat de son style travaillé autant qu'improvisé.
Au delà de ses qualités litteraires et philosophiques, il possédait un don oratoire exeptionel.
Sa voix, que je n'ai pas entendue, était dans sa gorge un instument de musique.
Sa voix pouvait descendre et devenir caressante pour parler au coeur, elle pouvait s'enfler pour parler à la raison, elle pouvait monter crescendo jusqu'à la rupture, pour proclamer la véhémence de sa conviction. Il était un virtuose, maître de son archet.
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Voilà pourquoi, sans partager son idéal enflammé, je suis toujours, comme beaucoup de Français de droite et de gauche, sous le charme de la jeunesse de sa pensée et de la virtuosité de sa voix.
Charles Ceccaldi-Raynaud

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