jeudi, juillet 13, 2006

interview de Patrick DEVEDJIAN

LE FIGARO, samedi 8 juillet 2006
Patrick Devedjian : «Il faut se préoccuper déjà du second tour»
Propos recueillis par Charles Jaigu .

Pour le député UMP des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy
a vocation à rassembler «le plus largementpossible».

LE FIGARO. – Vous avez lancé, en février, un «Collectif de la rupture» pour faire des propositions en vue de la présidentielle. Que devient-il ?

Patrick DEVEDJIAN. – Nous nous étions fixé l'objectif de finaliser une dizaine de propositions originales et qui changent profondément les choses. Nous allons les soumettre à Nicolas Sarkozy d'ici quelques jours. Nous avons regardé ce qui se faisait dans d'autres pays, et nous nous en sommes inspirés. Nous avons ainsi mis au point une idée qui est appliquée au Danemark, permettant de généraliser l'accès des Français à leurs logements par un système de
prêts à cinquante ans, dont les annuités de remboursement seraient inférieures à un loyer. Cela constituerait en même temps une épargne récupérable ou transmissible.

Avez-vous d'autres pistes ?

Nous proposons d'instituer un référendum d'abrogation, qui existe aujourd'hui en Italie. Prenons l'exemple du CPE.
Les opposants au CPE, au lieu de descendre dans les rues, auraient pu lancer une pétition, sur Internet par exemple.
Avec 5 millions de signatures, les pouvoirs publics auraient été obligés d'organiser un référendum. Et le CPE aurait été abrogé si le référendum avait obtenu la majorité des voix. C'eût été un moyen plus pacifique de refuser le CPE que de mettre à sac les universités.

Depuis le discours d'Agen, certains, parmi les libéraux, se sont inquiétés des propositions de Nicolas Sarkozy sur la monnaie européenne. Les rejoignez-vous ?

J'ai relu attentivement ce discours. Contrairement à certaines accusations, les réflexions de Nicolas Sarkozy surl'euro sont beaucoup plus constructives que celles de Jacques Chirac, qui avait proposé pendant la campagne de 1995
de sortir des critères de Maastricht. Une idée qu'il a abandonnée ensuite. Nicolas Sarkozy n'a jamais dit une chose pareille. Il soutient simplement que la gestion de l'euro mérite un débat. Depuis 2002, l'euro s'est valorisé de 30%.
On a quand même le droit d'en parler !

Max Gallo a déclaré hier qu'il n'excluait pas de soutenir Nicolas Sarkozy à la présidentielle. NicolasSarkozy s'est-il rapproché de la gauche ?

Un candidat à la présidence de la République a vocation à rassembler le plus largement possible. Il peut y avoir des
majorités d'idées. Max Gallo a une grande probité intellectuelle, et j'apprécie qu'il se soit élevé contre les amalgames
honteux qui assimilent l'expulsion des clandestins aux rafles contre les Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Nicolas Sarkozy a-t-il raison de préparer dès maintenant le second tour de la présidentielle ?

Oui, le temps est venu de se préoccuper du second tour parce qu'il apparaît de plus en plus probable que c'est lui quisera le candidat de la droite au deuxième tour. C'est une chance, et il doit en profiter pour s'adresser à tous lesFrançais.

Dominique de Villepin a déclaré récemment qu'il ne voyait pas émerger de propositions à la hauteurd'une présidentielle. Qu'en pensez-vous ?

Je trouve cela un peu simpliste, après les treize conventions de l'UMP. Je me demande si l'amertume du propos nereflète pas plutôt une déception personnelle...

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